Gérard Millischer, agent du parc national du Mercantour

Publié le par Aude

C’est un destin qui prend racine aux pieds des oliviers, les mains cueillant les fruits du soleil, mais les yeux tournés vers le ciel, subjugués par le ballet aérien des rapaces.

Lorsque Gérard Millischer découvrit un grand-duc tué par des plombs, ce fut l’appel d’une nature en danger qui le fit vibrer.

Ce fut alors un engrenage qui le mena jusque dans le Mercantour. Il allait être appelé à côtoyer deux espèces animales, symboles d’une nature fragile, emblèmes de nos montagnes : le gypaète barbu et le loup. Gérard fit sa première mission pour le Parc national du Mercantour en 1993, où il participa au suivi des gypaètes barbus nouvellement relâchés.

Alors que cet oiseau fut réintroduit, le loup lui, n’a pas attendu l’aide des hommes pour revenir. C’est à cette époque qu’on entendit les premiers bruits de son retour en France mais on ne savait alors rien de ce prédateur qui revenait sur ses terres, perdues 50 ans plus tôt. Gérard fut celui qui passa les premiers hivers, jusqu’à six mois, isolé dans un vallon enneigé et déserté des hommes, pour suivre les traces des loups. Afin d’améliorer ses connaissances sur cet animal, il partit quatre mois au Québec pour aider une équipe de chercheurs au suivi du prédateur (Télémétrie, wolf howling, piégeage…).

 

Le retour du prédateur en France fut accompagné d’attaques sur les troupeaux de moutons et de la grogne des éleveurs. Après quelques années durant lesquelles les gardes-moniteurs réalisaient les constats, il fallut trouver quelqu’un pour les assister et progressivement prendre en charge cette mission. Ce fut Gérard qui remplit cette tâche dès 1999, renforcé ensuite par un deuxième agent « constateur ».

 

Ainsi, après plusieurs années de missions contractuelles, Gérard Millischer est actuellement agent de l’environnement, fonctionnaire titulaire au Parc national du Mercantour, avec des attributions particulières. Il est chargé, entre autres, de la réalisation des constats de dommage en cas d'attaque sur troupeaux domestiques (sur toutes les communes du Parc, sauf Vallées de l’Ubaye et du Haut Verdon). C’est une partie de son travail, extrêmement éprouvante moralement et physiquement, très contraignante et imprévisible. L’autre partie consiste à recueillir des indices de présence du loup et à travailler sur ce suivi, ou à participer à d’autres missions plus ou moins ponctuelles comme des opérations de vision nocturne sur le prédateur, le piégeage à des fins scientifiques, ou certaines actions pédagogiques.

 

Si vous allez vous promener sur les sentiers du Mercantour, à défaut d’apercevoir un gypaète ou bien un loup, peut-être croiserez-vous la route de « Gégé »…

 

 

 

Article écrit avec l’accord du Parc national du Mercantour.

Tous mes remerciements à Gérard Millischer.

Publié dans Portraits

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