J’appartiens à une espèce invasive autoproclamée intelligente.
A ceux qui s’inquiètent pour notre planète, je réponds que cette vieille bleue survivra aux parasites que nous sommes. Qu’elle soit parsemée de cratères volcaniques ou nucléaires, qu’elle soit
peuplée de végétaux identiques depuis des milliers d’années ou bien d’organismes modifiés génétiquement. Que ses animaux marchent sur quatre pattes ou bien sur des moignons cancéreux, la terre,
elle, s’en remettra.
S’il nous faut pleurer, pleurons pour nous pauvres humains et non pour le dodo, le dauphin du fleuve Yang-Tsé ou le tigre de Java. S’il nous faut craindre, craignons pour nous et non pour les
baleines, les loups ou les chimpanzés. Car en les détruisant, nous causons notre propre perte.
A ceux qui disent que s’occuper d’animaux est indigne et qu’il vaut mieux s’occuper des humains, je réponds que le déshonneur se situe dans la négligence d’une fragile alchimie qui nous permet de
boire, manger et respirer.
On dit qu’il ne faut pas mordre la main qui nous nourrit.
Nous l’avons mutilée.
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