Un séjour en cabane...

Publié le par Aude

... de berger

Ce n’est pas dans le Mercantour, mais dans les Hautes-Alpes que nous avons été invités à passer un week-end chez une bergère.

Une bergère du même âge que moi, accompagnée d’un aide berger aussi jeune que nous. Ensemble, ils gardent les moutons de deux éleveurs. Ils sont dans une cabane perdue dans les alpages. Pour y aller il y a une heure de marche en pente raide. Au début de la saison, ils sont ravitaillés par hélicoptère, puis après ils doivent se débrouiller... parfois avec un âne pour porter les trop lourdes charges.

 

Cette année ils n’ont pas eu d’attaque, mais ce n’était pas le cas les années passées. La jeune bergère, des loups, elle en a déjà vus. La première fois, elle était si intriguée qu’elle n’a pas bougé, il la fixait, à une centaine de mètres à peine, surement un jeune loup imprudent. Elle nous a confié que si elle avait eu une arme, elle n’aurait pas tiré. Notre bergère est une rêveuse, qui préférerait que le loup ne soit pas là, mais qui doit bien faire avec. C’est son patou qui s’est décidé à donner de la voix... Allons bon un canidé qui pense chasser dans son territoire ! Impensable. 

Ça des chiens ils en ont nos bergers, à ne plus savoir qu’en faire. Et leur cabane est toute rénovée. Autant dire que les consignes sont appliquées, les bêtes sont même rassemblées le soir dans des enclos provisoires. Mais regardez plutôt comment la terre est abimée, après une semaine seulement au même endroit. Il faut donc bouger les bêtes régulièrement.

 

 

 

Se défendre des attaques, ça paraît être évident pour les gens de la ville, mais croyez moi, c’est pas facile.

On s’est levé à 4h30 pour aller traire les quelques chèvres et lâcher les brebis, puis il faut aller garder le troupeau jusqu’à midi, moment où les bêtes chaument (elles arrêtent de manger et se reposent à l’ombre bien souvent), le berger peut alors redescendre manger à la cabane, puis remonter dans l’après midi, jusqu’à la tombée de la nuit ( en été c’est vers 21h) Il faut alors s’occuper des petits bobos des animaux, puis penser à rentrer pour manger et dormir, en gardant une oreille en alerte sur les aboiements du patou.

  

Ce soir là, nous avons mangé tous les quatre, du bon pain, du bon fromage et du bon vin, et nous avons parlé, du métier, de leur passion, de leurs craintes.

En allant me coucher, j’ai découvert un livre dont la présence était incongrue : "Le frère du loup" de Megan Lindholm. Dans les alpages, le loup n’est pas invité, mais il occupe tout de même les rêves des bergers.

 

Ravie de mon séjour, je me suis dit que deux jours en cabane c’est bien apaisant, mais une saison ça doit être fatigant.

 

 

Publié dans Mercantour

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Gérard 19/12/2006 19:53

Endroit de bonheur loin du bruit ,et du cahos mondial ..surement que la vie a cet endroit est rude ..mais surement plus vrai que dans nos villes pleines d'incoherence ...et pas vraiment vivables ..
Gérard

Aude 19/12/2006 20:00

En effet, les moments passés dans cette cabane ont été comme un petit paradis. Mais en deux jours on ne voit forcément que les bons cotés. Il faisait beau, des randonneurs se sont arretés pour discuter et boire le café, on était entourés d'animaux, on a passé un bon moment c'est sur. Prendre la voiture pour rentrer a été dur.