Un constat d'attaque

Publié le par Aude

La nuit a été calme, il fait frais ce matin. D’ailleurs le temps se rafraichi, il sera bientôt temps de redescendre les bêtes, la neige tombera d’ici un mois. Nous sommes mi octobre, 2006. Le jeune berger, fils d’éleveur, fait l’inspection du matin et découvre dans un fossé une de ses brebis dévorée. Il la reconnaît au numéro qui est resté accroché sur son oreille… C’était une bonne brebis celle-là, en bonne santé, ah ça non ce n’est pas que le fait de charognards qui auraient profité d’une bête malade et déjà agonisante, le berger en est sûr. Il continue son inspection et découvre une seconde carcasse, plus éloignée, qui, elle, est peut-être là depuis deux ou trois jours … Difficile à dire. L’agent de Parc National chargé des constats viendra le lendemain… ce n’est pas évident, ils ne sont que deux pour toute la vallée, il faut parfois deux heures de route pour se rendre sur un lieu d’attaque.

 

Le lendemain, l’agent inspecte les lieux, la carcasse et regarde son cou… en ouvrant et nettoyant la peau du cou, on trouve des petits trous et du sang noir, significatif d’un hématome. Cela signifie que la bête a été tuée par un prédateur, mais on ne peut pas dire si c’est le loup, alors on ne parle que de forte suspicion.

Ni le berger ni les chiens n’avaient entendu le prédateur cette nuit là, ça arrive, "un patou, ça fait pas tout", ce n’est pas la première fois et le prédateur est doué. La nuit prochaine sera calme à n’en pas douter, mais le jeune berger risque de ne pas trouver le sommeil de si tôt.

 

 

Publié dans Mercantour

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