Prenons de l'altitude et à coup sûr nous les croiserons !
Images prises à la Madone de Fenestre et dans la vallée des Merveilles
(Merci à Pierre Schropff pour les photographies,
à Stéphanie Rathier, biologiste-responsable animalier et Véronique Luddeni, docteur vétérinaire pour la confiance qu'elles m'ont accordée)
Nous avons marché longtemps.
Nous sommes sortis des sentiers battus et nous nous sommes perdus.
Nous avons gravis des sommets, que nous avons redescendus.
Nous avons fuis la civilisation et planté la tente dans ce petit vallon.
Peut-être avais-je l’espoir d’entendre les hurlements de la meute de Mollières.
Peut-être espérais-je en percer le mystère.
Chamois, chevreuils, marmottes, mais point de loup sur le chemin.
Et de bon matin nous fûmes réveillés par les cloches de ces bovins !
Cette saison est souvent oubliée…ni vacances, ni neige pour attirer le citadin. Pourtant lorsque j’ai vu pour la première fois les couleurs de l’automne, j’ai cru que mes yeux avaient découvert de nouvelles palettes.
Après avoir dansé aux rayons du soleil tout l’été, la montagne se fait belle et se pare de mille couleurs avant de se glisser sous son grand duvet blanc.
Mais cette année la montagne apparemment n’est pas fatiguée, car si elle a pris ses couleurs de l’automne, elle n’est pas décidée à
aller se reposer. En plein cœur de l’hiver la montagne batifole, ses chenilles processionnent, ses boutons fleurissent, ses animaux paradent…
Cette année il se pourrait bien que l'on oublie la couleur de l'hiver... il semblerait que ce soit le début de temps obscurs, l'ère du réchauffement climatique
La nuit a été calme, il fait frais ce matin. D’ailleurs le temps se rafraichi, il sera bientôt temps de redescendre les bêtes, la neige tombera d’ici un mois. Nous sommes mi octobre, 2006. Le jeune berger, fils d’éleveur, fait l’inspection du matin et découvre dans un fossé une de ses brebis dévorée. Il la reconnaît au numéro qui est resté accroché sur son oreille… C’était une bonne brebis celle-là, en bonne santé, ah ça non ce n’est pas que le fait de charognards qui auraient profité d’une bête malade et déjà agonisante, le berger en est sûr. Il continue son inspection et découvre une seconde carcasse, plus éloignée, qui, elle, est peut-être là depuis deux ou trois jours … Difficile à dire. L’agent de Parc National chargé des constats viendra le lendemain… ce n’est pas évident, ils ne sont que deux pour toute la vallée, il faut parfois deux heures de route pour se rendre sur un lieu d’attaque.
Le lendemain, l’agent inspecte les lieux, la carcasse et regarde son cou… en ouvrant et nettoyant la peau du cou, on trouve des petits trous et du sang noir, significatif d’un hématome. Cela signifie que la bête a été tuée par un prédateur, mais on ne peut pas dire si c’est le loup, alors on ne parle que de forte suspicion.
Ni le berger ni les chiens n’avaient entendu le prédateur cette nuit là, ça arrive, "un patou, ça fait pas tout", ce n’est pas
la première fois et le prédateur est doué. La nuit prochaine sera calme à n’en pas douter, mais le jeune berger risque de ne pas trouver le sommeil de si tôt.
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