Je leur dédie cette page car les enfants ont tenu une grande place dans notre séjour.
Toujours curieux, ils étaient omniprésents lors de nos
sorties. Il est impressionnant de voir leur générosité, les dessins qu'ils nous faisaient, les légumes qu'ils nous donnaient, la joie qu'ils nous communiquaient...
tantôt affairés à imiter les adultes
parfois concentrés
gourmands
débrouillards
et quoiqu'il en soit, toujours beaux
Kolobo est un village tchadien ayant une activité à 95% agricole. L’activité est donc fortement rythmée par les deux saisons principales : la saison sèche et la saison des pluies. Lors de
la saison sèche, période où nous étions à Kolobo, il fait chaud rapidement dans la journée et les activités se font donc tôt le matin et dans la soirée.
Les femmes n’ayant pas été scolarisées elles ne parlaient pas français et il était plutôt difficile de communiquer avec elles. Elles
s’affairent le plus souvent à la cuisine, au marché, aux activités quotidiennes.
Les hommes eux s’occupent des animaux, des constructions, des cultures.
Les enfants sont scolarisés (garçons comme filles de nos jours) mais aident aussi leurs parents pour les tâches quotidiennes.
Kolobo c’est une ferme à ciel ouvert, sans clôtures ni barrières. D’abord citons les zébus, ils n’ont certes pas la même couche de graisse que nos laitières ou le muscle de nos charolaises,
mais quelle prestance ! Signe de richesse et prospérité pour les tchadiens, on peut voir évoluer les zébus en liberté dans les rues du village. Ceux de Kolobo bénéficient depuis quelques
années d’une relative bonne santé grâce aux campagnes de vaccinations mises en place par les étudiant de l’école vétérinaire d’Alfort et à la continuité dans l’effort par le Groupement de Défense
Sanitaire constitué sur place.
Les chèvres elles sont élevées pour la viande. L’idée était donc de promouvoir le lait de chèvre par la création d’un atelier fromage de
chèvre. La chose n’est pas aisée car les chèvres n’ont jamais été traites par des humains et les habitudes ne sont pas faciles à prendre. Les chèvres évoluent en liberté pendant la journée, mais
dès que viens le soir elles sont rentrées et gare à celles qui trainent … les chiens rôdent
En
effet, les chiens au Tchad sont présent partout, dans les rues, les cours des maisons. Il n’y a pas de lien affectif avec les villageois, il s’agit plutôt d’une cohabitation. La journée ces
chiens semblent placides évitant de croiser le passage des humains au risque de se prendre un coup de savate. Mais dès la nuit venue, ils se rassemblent en meute et parcourent la brousse en
aboyant. Malheur à la petite chèvre qui se serait égarée et ne serait pas rentrée à temps…
A Kolobo on trouve aussi des poules, des cochons. Nous avons eu aussi l’occasion de soigner le cheval d’un peuhl nomade, qui avait entendu parler de nous et qui avait fait le déplacement
exprès.
Une journée type consiste à se réveiller vers 5h30 pour commencer à travailler vers 6h (prises de sang sur les chèvres, contrôle des rations
des animaux, soins aux animaux, discussion avec les éleveurs…)
A 8h il commence à faire trop chaud pour continuer, alors on se repose sur les nattes à l’ombre… on discute, on commence à écrire les
rapports, on fait la sieste…
A midi on mange, (des pates ou une boule au mil) et l’après-midi on marche 3km dans la brousse pour profiter du fleuve Logone. Vers 16h30 on
reprend le travail.
Parfois le soir, lorsqu’il y a un match de foot important, les hommes du village payent chacun l’équivalent de 5 centimes pour suivre
l'évènement sur l’unique télévision du village. On a même pu voir le journal de 20h de TF1 où il était question d'acheter un bout de la lune pour les plus riches de la planète… Au Tchad
on lutte pour survivre, dans le nord, on achète la lune…
Kolobo est un village de 1500 habitants situé dans le sud du Tchad. C’est le chef du village, le Docteur vétérinaire Balaam
FACHO, aussi professeur à l’université des sciences de N’Djamena (capitale du Tchad) qui a décidé d’aider son village natal. Il a fait appel d’une part à Ingénieurs sans frontière pour donner aux
habitants, l’accès à l'eau potable et d’autre part à des étudiants vétérinaires.
Ainsi chaque année depuis 1999, quelques étudiants de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort
partent à Kolobo afin d’améliorer les conditions de travail et de production des éleveurs, en leur apportant du matériel et des techniques nouvelles. Les premiers
étudiants ont mis en place la vaccination du cheptel, l’identification des animaux, la constitution d’une pharmacie, la formation de certains éleveurs regroupés en GDS (groupe de défense
sanitaire) …
En février 2004, nous étions 10 filles, à partir à Kolobo.
Notre mission consistait à assurer la continuité des actions déjà menées et à nous pencher sur la création d’un atelier lait
de chèvre en vue de la fabrication de fromage de chèvre. Il fallait pour cela, contrôler l’état sanitaire des chèvres (brucellose, tuberculose…) et former les éleveurs (traite, contrôle
sanitaire…)
Nous sommes arrivées à N’Djamena, la capitale où le professeur Balaam Facho nous a accueillies quelques jours dans sa maison. Le temps de se remettre du voyage en avion, pour entamer un autre
voyage, en camionnette vers le sud du pays, sur les routes de Tchad. Quelques arrêts nous ont tout de même permis de nous ébahir devant les marchés colorés. Après de longues heures de
routes cahin-cahan, nous n’étions pas mécontentes d’arriver au village de Kolobo.
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